Par contre j'ai été rassuré pour mon genou gauche : pas de douleur à la montée (c'est normal, il n'y a pas de choc, le pas est glissé), même lors des quelques conversions que j'ai effectuées, et pas de douleur inhabituelle à la descente. J'appréhendais beaucoup, c'était pour moi le test décisif, mais bien que la neige ait été de très mauvaise qualité à skier je ne peux pas dire que j'ai particulièrement souffert.
Je vais donc dès demain annuler la pose d'une prothèse qui était prévue le 5 janvier : si j'arrive à faire de longues marches avec plus de 1000 m de dénivelé sur du terrain cassant, si j'arrive à faire de la raquette, et si j'arrive même à skier en rando, il ne faut pas que je me fasse amputer comme ça.
Bien sûr il y aura des périodes où la douleur sera insupportable, mais visiblement ces périodes ont une fin, et ça ne dure pas tant longtemps à chaque fois, maintenant que je le sais je saurais attendre (et prendre mon mal en patience, c'est vraiment le cas de le dire, ce n'est pas une simple expression cette fois).
Bien sûr il n'y a pas de miracle il faudra que j'y passe tôt ou tard, je ne me fais aucune illusion, il n'y a aucune chance que ça guérisse, mais le plus tard sera le mieux. On verra bien, advienne que pourra, je le regretterai peut-être bientôt. Mais au moins là je pourrai toujours reprogrammer une opération. Alors que si la pose de prothèse ne procure aucune amélioration, je n'aurai plus que mes yeux pour pleurer : c'est irréversible, impossible de revenir en arrière (10% d'échec d'après les chirurgiens, ce qui est énorme : soit les douleurs sont pareilles, soit c'est pire s'il y a des complications; et 45% de gens déçus; ça fait seulement 45% de gens contents, et je suppose que cette satisfaction dépend du niveau d'exigence initial : les gens sportifs qui espéraient pouvoir randonner, skier, grimper, courir pourquoi pas, doivent être plus souvent déçus que ceux qui n'utilisent leurs genoux que pour aller à la poste ou à la boulangerie).