Bon le Tour de France est inintéressant cette année, seulement 6 étapes de montagne, il est temps que j'aille pédaler moi-même, ce sera plus profitable.
Je croise une petite troupe d'assez jeunes femmes sur le bord de la route, elles me crient "bon courage Monsieur !". J'ai eu envie de leur répondre "c'est du plaisir connasses, si c'était pas du plaisir je le ferais pas !", mais comme ça partait d'une bonne intention de leur part et que je suis un gentil garçon à la base, je me suis contenté de leur dire "merci".
C'est vrai quoi, je ne suis pas un coureur professionnel, je fais ça par envie, si j'ai pas envie j'y vais pas, et je m'arrête quand je veux une fois parti.
C'est vrai que le Tour de France est particulièrement fade cette année, moi ce que j'y aime c'est de voir des magnifiques paysages de montagne prestigieux, et des coureurs qui se crament les guiboles à les escalader le plus vite qu'ils peuvent pour essayer de creuser des écarts avec d'autres coureurs aussi bons qu'eux. Quand on pratique un peu le vélo en montagne on se rend compte de la volonté qu'il faut pour s'arracher comme ça.
Cette année on dirait que le Tour a été acheté par l'équipe Deceuninck-Quick Step, avec un parcours sur mesure pour que leur champion sorti de la naphtaline, Cavendish, égale le record du nombre de victoires d'étapes détenu par Eddy Merckx. Mais comparer Cavendish avec Eddy Merckx c'est un peu fort de café, ça frise l'escroquerie : les victoires de Merckx ont été acquises par sa seule force, dans des contre-la-montre ou de rudes cols de montagne, pas dans des étapes plates où ce sont les équipiers qui font tout le boulot, aspirant Cavendish qui ne fait que de la roue libre, le protégeant de toutes les difficultés, le hissant au sommet des côtes pour qu'il ne soit pas hors-délai, le maintenant dans la tête du peloton dans les 30 derniers kilomètres pour qu'une bordure ou une chute ne l'éjecte pas. Notre champion national également champion du monde, Julian Alaphilippe, sûrement acheté une fortune, ne sert qu'à lancer des échappées afin que les autre sprinters ne marquent pas de points aux sprints intermédiaires. Cavendish ne commence à pédaler que dans les 5 derniers kilomètres, bien planqué derrière 3 coéquipiers. Ceux-ci commencent à sprinter à fond à la flamme rouge, bien sûr ils n'ont alors aucune chance de gagner mais ils s'en fichent c'est uniquement pour tracter le leader de leur équipe. Si un adversaire essayait de s'immiscer pour profiter de l'aspiration alors ils ralentiraient et laisseraient l'intrus se débrouiller seul, ce qui condamnerait celui-ci à l'échec. Les adversaires qui ne disposent pas d'une équipe aussi forte, donc achetée à prix d'or, sont obligés de suivre derrière, et au moment du sprint final dans les derniers 200 m ils partent donc de plus loin. Cavendish est loin d'être le plus véloce, on voit les autres remonter sur lui comme des bolides, mais c'est trop tard forcément, il reste toujours une demi-roue voire un pneu d'avance pour Cavendish. Parfois même ses propres coéquipiers sont obligés de se relever au tout dernier moment sinon c'est eux qui gagneraient l'étape, ce qui n'est pas du tout dans leur contrat ! A la fin Cavendish embrasse tous ses équipiers, un par un : il peut, c'est eux qui ont fait tout le boulot et lui qui ramasse les lauriers.
Bref on nous prend un peu (beaucoup) pour des billes, les journalistes et les consultants, qui doivent bien sûr s'apercevoir de la supercherie, jouent le jeu à fond car ils sont là pour vendre leur soupe, et s'ils veulent rester accrédités pour suivre le Tour il ne faut pas qu'ils crachent dedans.
Moi en tous cas je me suis fait un joli tour, à mon rythme de balade, avec un beau temps pas trop chaud mais chaud quand même comme j'aime pour faire du vélo.
45 km de distance, 1000 m de dénivelé, 3h30 avec mon VTT
Bon les coureurs du Tour de France font 3 fois ça tous les jours en à peine 1 h de plus (mais en peloton et avec des vélos de course; en plus il faut bien reconnaître que les coureurs de 95 kg sont rares...).